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Le voyage dans le passé - Stefan Zweig (Grasset)
Louis, retrouve celle qu'il aima passionnément et qui s'était promise à lui avant son départ. Parti quelques mois au Mexique remplir une mission de confiance pour le compte de son bienfaiteur qui n'est autre que le mari de sa bien-aimée, Louis fait le compte à rebours des jours qui les séparent de leurs retrouvailles qu'il imagine enflammées. Il lit et relit les lettres qu'elle lui adresse. A quelques jours de la date prévue de son retour, éclate la grande guerre, interdisant tout retour en Europe. Neuf ans s'écoulent. Louis se marie et fonde une famille. Leur correspondance se poursuit et prend un tour amical. Un jour, qu'il retourne pour affaires en Allemagne, il décide de revoir cette "tendre amie" dont le mari est mort au début de la guerre. Celui-là même qui lui permit de s'extraire de son modeste milieu, lui offrit un confortable toit sous lequel il rencontra sa femme et contribua à bâtir sa brillante carrière. Leurs retrouvailles ont un goût amer, le goût de l'heure passée... dépassée.
mon avis Ce n'est à mon sens pas le meilleur titre de Zweig (mais cet avis est évidemment éminemment subjectif). Si l'analyse des sentiments et des effets du temps qui passe sont justes et surtout admirablement traduits, je trouve le dénouement sans surprise. D'autre part, dans le même registre, Vladimir Nabokov a écrit un exceptionnel roman : Machenka, qui joue sur les mêmes ressorts mais avec une intrigue tissée de façon plus machiavélique et une conclusion d'autant plus définitive et affirmative.
J'ai en outre été déçue par la taille du roman, qui est en réalité une nouvelle, car Grasset publie dans le même volume la version traduite, suivie du texte original allemand (et ce n'est pas précisé sur la jaquette, mais uniquement sur la couverture du roman). Je m'attendais à "rentrer" dans 170 pages de Zweig et il n'y en eut qu'une petite centaine ! Ce "furtif-roman" est néanmoins excellent, mais de Zweig j'attends toujours du "génie".